Le mois de mars a marqué le début de la nouvelle saison de Formule 1. La catégorie automobile reine entre dans une nouvelle ère, marquée par un changement de réglementation. Dans le même temps, la journée internationale des droits des femmes a eu lieu le huit mars. En marge de celle-ci, zoom sur la présence féminine dans la discipline.
Ça y est, l’édition 2026 de la F1 est lancée. Les trois premiers Grands Prix se sont déroulés et ceux de Bahreïn et d’Arabie Saoudite sont officiellement annulés pour cause du conflit au Moyen-Orient. Cette année marque une révolution majeure au niveau de la réglementation. En dehors de la piste, la F1 a présenté en 2019 sa stratégie de développement durable autour de trois axes : réduire son impact environnemental pour atteindre la neutralité carbone en 2030, laisser une empreinte positive là où elle passe, et accroître la diversité et l’inclusivité du sport. Si « Net Zero 2030 » a focalisé une majeure partie de l’attention, qu’en est-il de l’évolution de la diversité, sept ans plus tard ?
Parcours du combattant
Premier constat : les 22 pilotes de la grille sont tous des hommes. Si on observe le personnel du paddock, les femmes sont plus présentes. En 2024, 38% des employés de Formula One Management sont des femmes, c’est 10% de plus qu’en 2017. Dans les écuries aussi, la présence d’employées progresse. Chez Mercedes, elles représentent 17,9% à la date d’avril 2024, soit 6% de plus qu’en 2020. Chez Aston Martin, cette part est de 16%. McLaren fait un peu mieux, avec 20%. Il n’empêche que les personnes les plus médiatisées du sport (autrement dit, les pilotes) sont exclusivement des hommes.
Comment explique-t-on l’absence de pilotes féminines ? La réponse se trouve dans la structure même du sport automobile. Pour atteindre le graal de la discipline, il faut gravir de nombreux échelons. Tout commence pour beaucoup en karting, dès le plus jeune âge. S’en suit diverses catégories intermédiaires dans lesquelles il faut faire ses preuves pour enfin espérer une place de titulaire au pinacle de la hiérarchie. C’est donc un long parcours du combattant qui se dresse devant les pilotes.
Le problème, c’est que dans les championnats de karting, la proportion de femmes est déjà minime. Un rapport de l’initiative « More than Equal » de 2023 montre que seulement 13% des pilotes de karting sont des femmes. La possibilité pour elles de gravir les échelons est donc infime par rapport aux hommes. Couplé au fait que la durée moyenne des carrières des femmes dans le sport automobile n’est que de un à cinq ans (contre douze pour les hommes), cela rend la tâche presque impossible.
Tout n’est cependant pas négatif. Pour donner aux femmes la possibilité de montrer leur talent, la F1 a lancé en 2022 un championnat qui leur est réservé. La « F1 Academy » a pour but de servir de tremplin pour les catégories supérieures (F1, F2 et F3). Susie Wolff, la directrice exécutive du championnat, a même annoncé son ambition de voir une femme au volant d’une formule 1 « d’ici 2030 ».
Un vivier de talents
Qui pourrait prétendre à ce baquet ? Ce qui est sûr, c’est qu’il ne manque pas de candidates. Jamie Chadwick en fait partie. La Britannique de 27 ans a brillé de son talent, remportant notamment à trois reprises le championnat « W series », l’ancêtre de la F1 Academy qui a dû cesser en 2022, à la suite de problèmes financiers. Depuis, elle s’est tournée vers l’endurance, mais semble avoir mis son ambition de rouler en F1 de côté.
Sophia Floersch est une autre prétendante. Âgée de 25 ans, elle a longtemps été en pole position pour rejoindre la F1, forte de trois années passées en F3, où l’Allemande était la première femme à y concourir. Elle a entre-temps roulé dans divers championnats, mais son objectif demeure intact : intégrer la discipline reine.
Marta Garcia, Abbi Pulling et Doriane Pin, championnes de la F1 Academy en 2023, 2024, et 2025, sont d’autres talents. Même si l’espoir est de mise et que des améliorations sont présentes, il faudra sans doute patienter quelques années pour voir une femme rouler aux côtés de Charles Leclerc ou Max Verstappen. À moins qu’une surprise ne vienne changer la donne….
