Pour sa première participation en UEFA Women's Champions League, OHL a atteint les huitièmes de finale, un exploit historique pour un club belge. ©Pexels

A partir de la saison 2021-2022, OHL a poussé Anderlecht dans ses retranchements pendant 3 ans sans parvenir à faire tomber le géant mauve. Courses au titre étouffantes, finale de Coupe perdue aux tirs au but face au Club YLA : Louvain a longtemps frôlé la rupture sans jamais la provoquer. Ce n’était pourtant que la genèse de leur montée en puissance.  

La saison dernière, le club du Brabant flamand a enfin brisé le signe indien en décrochant son premier titre de champion. Tout s’est joué lors d’une dernière journée décisive, où la victoire contre Anderlecht était impérative. Cette consécration nationale a été suivie d’un parcours historique en UEFA Women’s Champions League. Louvain y a atteint les huitièmes de finale avant de s’incliner face au tenant du titre, Arsenal. 

La formation au cœur de l’ascension  

L’essor d’OHL repose sur une filière de formation désormais complète et cohérente. Le club dispose aujourd’hui d’un véritable parcours de développement féminin articulé autour de quatre catégories jeunes : U14, U16, U18 et U20. Ces équipes constituent la base de la pyramide louvaniste. La transition s’effectue ensuite vers Jong OHL Women, l’équipe de développement qui occupe actuellement la 2e place en 1e nationale (la deuxième division belge chez les femmes).  Jong OHL Women est composée majoritairement de joueuses de 16 à 20 ans. Cette équipe joue un rôle essentiel : elle permet aux jeunes talents d’évoluer dans un championnat senior relevé avant d’intégrer progressivement la Super League. 

Cette structuration a été largement impulsée par Jimmy Coenraets, entraîneur principal de l’équipe première entre 2019 et 2024. Il a contribué selon les termes du club à « construire une structure de haut niveau pour le football féminin à OHL ». Il a notamment supervisé la création de l’équipe U16 féminine en 2023 et assuré la cohérence méthodologique entre les différentes catégories. Depuis 2024, Arno Van Den Abbeel, ancien adjoint de Coenraets, a repris la tête de l’équipe première et s’inscrit dans la continuité du projet. Il s’appuie sur une filière désormais stabilisée et sur un vivier de jeunes joueuses déjà habituées au football senior via Jong OHL Women. Cette stratégie porte ses fruits. Lors de la dernière sélection des Red Flames, 12 joueuses avaient joué ou jouent encore pour OHL, dont 9 formées au club ou y ayant débuté leur carrière. 

Une marche encore à franchir 

Malgré ses résultats et sa progression sportive, OHL n’évolue pas dans un cadre entièrement professionnel. Comme dans la majorité des clubs de Super League, toutes les joueuses ne disposent pas d’un contrat leur permettant de vivre uniquement du football. L’effectif repose sur un modèle hybride où cohabitent joueuses professionnelles, semi-professionnelles et étudiantes, certaines combinant le football avec des études universitaires ou un emploi. La gardienne Lowiese Seynhaeve, récemment appelée chez les Flames, en est un exemple. Longtemps sous contrat semi-professionnel, elle travaillait comme aide-ménagère « par nécessité ». Elle devait concilier cet emploi avec un rythme de sportive de haut niveau : trois entraînements par semaine et un match chaque week-end. Cette réalité structurelle du football féminin belge impose des contraintes quotidiennes : gestion des horaires, récupération limitée et disponibilité variable. 

À l’heure d’écrire ces lignes, OHL est leader du championnat et dispose de 4 points d’avance sur Anderlecht alors qu’il ne reste que 5 journées à disputer. Le club du Brabant Flamand est favori à sa propre succession. Louvain combine une formation solide, une filière complète, un encadrement en progrès et un effectif encore partiellement professionnel, mais déjà prêt à rester durablement au sommet du football féminin belge. 

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