Depuis 1988, la Belgique recourt à la détention administrative. Chaque année, des milliers de personnes se retrouvent en centres fermés. Les conditions de vie dans ces structures sont de plus en plus contestées, dénoncées et condamnées.

La Belgique compte actuellement six centres fermés, où sont détenues des personnes en séjour irrégulier. Privées de liberté, elles y sont maintenues dans l’attente de leur expulsion. Ces centres sont organisés et gérés par l’Office des étrangers. Peu connus du grand public, ces centres accueillent des hommes, des femmes et parfois des enfants. Pour l’État belge, cette détention est considérée comme une mesure visant à permettre l’exécution d’une expulsion, et non comme une sanction. 

En principe, la détention ne peut excéder deux mois. Elle peut toutefois être prolongée une première fois sous certaines conditions, puis jusqu’à un maximum de huit mois, sur décision du ministre compétent et en cas de menace pour l’ordre public. Dans la pratique, ces délais, déjà longs, ne sont pas toujours respectés.

Un système dénoncé pour ses atteintes aux droits humains

Ces dix dernières années, la Belgique a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme, à la suite de recours introduits par des personnes détenues. En 2018, le pays a par ailleurs réintroduit une pratique abandonnée depuis plusieurs années : la détention d’enfants. Selon Amnesty International, entre août 2018 et avril 2019, 20 enfants ont été placés en centre fermé. Cette pratique a été suspendue en 2019 par le Conseil d’État. La question de l’enfermement des mineurs continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique.

En 2025, une grande colère a éclaté suite au suicide de Mahmoud Ezzat Farag Allah, un Palestinien de 26 ans détenu au centre 127bis. Il était la troisième personne à se donner la mort dans un centre fermé en moins de deux ans. Cet événement a provoqué des manifestations devant le centre situé à Steenokkerzeel. De nombreuses personnes ont alors dénoncé des conditions de vie jugées inhumaines. 

Une atteinte à la dignité est évoquée. De nombreuses personnes signalent une détérioration de leur santé physique et mentale depuis leur arrivée, sans recevoir des soins adaptés. En centre fermé, la détention entraîne parfois une séparation familiale, aggravant la situation des personnes détenues.

Les centres fermés, une politique en pleine expansion

Trois nouveaux centres devraient ouvrir d’ici 2030. En effet, en janvier 2026, il a été annoncé qu’un nouveau centre fermé pourrait prochainement voir le jour à Jumet. Le ministre Desquesnes a accordé le permis d’urbanisme. Ce projet prévoit l’accueil de plusieurs centaines de personnes en séjour irrégulier. Une question demeure toutefois au sein de la population : est-il légitime de priver de liberté des personnes dont le seul « délit » est de ne pas disposer d’un titre de séjour ?

Source :

https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/belgique-condamnee-detenu-enfants-migrants
https://www.cire.be/wp-content/uploads/2017/08/brochures-les-centres-fermes-web.pdf
https://www.lesoir.be/704438/article/2025-10-12/la-colere-ne-faiblit-pas-apres-le-suicide-dun-palestinien-au-centre-ferme-de
https://www.rtbf.be/article/jumet-devrait-accueillir-un-nouveau-centre-ferme-le-ministre-desquesnes-donne-son-feu-vert-au-permis-d-urbanisme-11662278

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