Un étudiant en gynécologie de la KU Leuven a été reconnu coupable de viol. Pourtant, il n’écope d’aucune peine. Selon la cour d’appel de Bruxelles, il a été « bienveillant » envers la victime.

Ambre Laulanet – dernière modification : 30 mars 2026

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Cette affaire a fait fort parler en Belgique. Et pour cause : c’est une fin de procès inattendue qui s’est tenue le 26 février dernier. En effet, le jeune homme a bien violé la victime, juge la cour d’appel de Bruxelles. Pour autant, la suspension du prononcé est accordée au coupable par la cour, qui confirme la décision du tribunal de Louvain.

Rappel des faits : viol et procédure juridique

Lors d’une soirée d’Halloween, une étudiante se fait violer par un homme de 24 ans qui se forme à la gynécologie à la KU Leuven. La victime est en état d’ébriété, donc incapable de donner son consentement à une relation sexuelle.

L’étudiant est jugé devant le tribunal correctionnel de Louvain, où il est déclaré coupable. Toutefois, aucune peine de justice ne lui est infligée ; il bénéficie d’une suspension du prononcé. Le parquet fait appel, mais la cour d’appel valide ce jugement. L’argument de celle-ci est qu’il n’avait pas eu l’intention de la violer et qu’il s’est montré « bienveillant » envers la victime pendant la soirée.

Qu’est-ce qu’une suspension du prononcé ?

L’expression « suspension du prononcé » représente, en langage juridique, un verdict pris par un juge en matière pénale. En fait, la personne incriminée est reconnue coupable des faits qui lui sont reprochés, mais n’est pas punie davantage au pénal, c’est-à-dire qu’elle n’écopera d’aucune peine. L’affaire ne sera pas mentionnée dans son casier judiciaire. Le but est de reconnaître la faute et d’indemniser la victime, mais aussi de réhabiliter l’auteur du crime.  

Un verdict mal accueilli

La décision est incomprise par de nombreuses personnes, et inquiète. La KU Leuven a décidé de suspendre l’étudiant, mais pas de le renvoyer. Il pourra par conséquent reprendre ses études et continuer d’exercer la gynécologie par la suite, sans qu’aucune trace de cela n’apparaisse dans son casier judiciaire.

« C’est vraiment aberrant. Je ne sais pas comment ils peuvent laisser un VIOLEUR être un GYNÉCOLOGUE »

En Belgique, et même au-delà des frontières, les citoyens n’ont pas tardé à s’en insurger sur les réseaux sociaux. « C’est vraiment aberrant. Je ne sais pas comment ils peuvent laisser un VIOLEUR être un GYNÉCOLOGUE » peut-on lire sur le réseau social X. Cependant, une pétition en ligne a été lancée pour qu’il n’exerce pas la médecine. Elle a récolté à ce jour 5 667 signatures.

À l’heure où de plus en plus de professionnels de la santé sont accusés de faits similaires – comme ce gynécologue retraité du Val-d’Oise (France) accusé par une centaine de patientes –, la décision fait peur à de nombreux citoyens. Au micro de notre média, une jeune étudiante réagit : « C’est un milieu professionnel où ce n’est pas normal de ne pas être sanctionné pour des choses comme ça. Il a quand même agressé quelqu’un, donc à un moment donné, il faut aussi payer ».

Un combat loin d’être terminé

Cette histoire met à mal l’image du système judiciaire belge. « Une aberration rendue possible par le droit belge », dit un internaute sur X. Alors que l’on pensait que l’affaire Pelicot avait changé les mentalités, cette décision remet en question la lutte pour la reconnaissance et la sanction des violences sexuelles. La Belgique a-t-elle, par ce procès, laissé la porte de l’impunité du viol ouverte ? Si oui, on peut se demander jusqu’où la justice belge pourrait encore bien aller.

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