©Pexels – statuette emblématique des Oscars

La transition des Magritte vers René ne se résume pas à un simple changement d’appellation. Elle s’inscrit dans une tradition de l’industrie cinématographique : celle d’attribuer des prénoms pour représenter les cérémonies de récompenses.

Le mois de mars était sans doute le mois de l’année le plus attendu par les fans de cinéma car il concentre une partie des plus grandes célébrations du septième art. Les Oscars, les Césars ou encore les René, ces cérémonies de remise des prix, toutes aussi prestigieuses les unes que les autres, partagent un point commun : elles portent des prénoms en guise de nom. Un détail souvent passé inaperçu mais récemment remis en lumière suite au changement de nom de la cérémonie des René du cinéma belge, anciennement connue sous le nom de Magritte.

La quinzième cérémonie de récompense du cinéma belge francophone a été marquée par plusieurs évolutions majeures. Notamment, l’intégration d’un nouveau prix spécialement dédié aux séries et la participation active du public dans certains votes. Mais le changement le plus marquant de cette édition reste sans doute son nom : les Magritte, c’est fini, place aux René. Une décision qui s’inscrit comme un symbole de renouveau dans le paysage culturel belge.

Les raisons du passage aux René

L’origine de ce changement est en partie dû à la Fondation Magritte, qui a décidé de mettre un terme à sa collaboration avec l’Académie André Delvaux, organisatrice de la cérémonie. La Fondation jugeait les dernières cérémonies « trop politiques » et ne voulait plus que le nom de l’artiste, Magritte, soit associé à de tels propos. Cette décision marque un tournant pour la cérémonie mais en adoptant le nom « René », l’Académie conserve tout de même un lien symbolique avec le peintre surréaliste belge.

Ce nouveau nom permet au cinéma belge francophone de rentrer dans une nouvelle ère. Jean-Yves Roubin, président de l’Académie André Delvaux, parle même de « renaissance ». En optant pour un prénom, l’Académie cherche la simplicité et permet une certaine proximité avec le public. Ce phénomène n’est pas un cas isolé car la plupart des cérémonies de récompense du cinéma portent déjà un prénom comme nom, souvent en hommage à une personne du milieu artistique.

Oscar : le prénom derrière la statuette

Un exemple concret de ce phénomène peut être observé avec les Oscars, la cérémonie la plus prestigieuse qui récompense les plus grands noms du cinéma. C’est en 1929 qu’a lieu la toute première cérémonie de remise des prix américaine, alors plus connue sous le nom des Academy Awards.

Il faut attendre 1939 pour que l’Académie américaine adopte officiellement le nom d’Oscars. L’origine de ce prénom reste toutefois incertaine car plusieurs versions existent. La première et la plus connue, raconte que c’est Margaret Herrick, la bibliothécaire de l’Académie, qui aurait eu l’idée de ce nom en affirmant que la statuette ressemblait étrangement à son oncle prénommé Oscar. Une deuxième version raconte que c’est l’actrice Bette Davis qui aurait eu l’idée de ce surnom car elle trouvait que la statuette ressemblait à son mari, dont le deuxième prénom était Oscar.

Les César : un hommage qui perdure

Dans la même logique, la France elle aussi célèbre chaque année les meilleurs films, acteurs et réalisateurs français à travers la cérémonie des César. Comme les Oscars, les César portent aussi un prénom comme nom. Ici, l’origine du prénom choisi est beaucoup plus explicite que la cérémonie américaine.

C’est Georges Cravenne, un journaliste et producteur de cinéma français qui, en 1975, lança la cérémonie et trouva le nom de celle-ci grâce à son ami, César Baldaccini. César était un sculpteur français connu pour ses œuvres en métal compressé et il créa par la suite, la statuette en bronze pour la cérémonie. C’est ainsi que la cérémonie prit son nom.

Il n’y a donc pas de règle officielle pour nommer une cérémonie de remise de prix. Chaque prénom choisi raconte une histoire et forge l’identité propre de l’évènement, devenant un repère culturel facilement identifiable par le public. Avec le passage des Magritte aux René, le cinéma belge francophone s’inscrit dans cette tradition, à l’instar des Oscars ou des César. Un simple prénom suffit désormais pour transformer une cérémonie en symbole culturel.

Sources : RTBF Actus / 7sur7.be / AlloCiné / Académie des César

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